Outils

Google Gemini à l’essai

Gemini touche désormais un milliard de personnes par mois et se loge dans Gmail, Docs et Chrome. Ce qu’il fait bien, ce que les équipes suisses ne peuvent pas encore utiliser, et notre verdict.

  • Review
  • 13.10.2026
  • 4 min de lecture

Gemini désigne la famille de modèles de Google et l’assistant construit sur eux. Il vit dans sa propre application, dans Gmail et Docs, dans la recherche Google, sur Android et dans Chrome. En 2026, son application a atteint un milliard de personnes par mois, même si toutes les promesses n’ont pas été tenues en chemin.

Aujourd’hui, Google a ouvert son nouveau modèle phare à davantage de personnes. Voici ce que Gemini apporte désormais à une entreprise : ce qu’il est, ce qui est vraiment bon, ce qui ne l’est pas, et notre verdict.

Ce qui a changé cette année

En août, Sundar Pichai a annoncé que l’application Gemini avait dépassé le milliard d’utilisateurs actifs mensuels, deux mois après que ChatGPT a franchi le même cap. Ce chiffre ne compte que l’application, pas Gemini dans la recherche Google. Selon Google, l’application génère plus de 150 millions d’images par jour, et 63 pour cent de ses utilisateurs s’adressent à elle par la voix.

Les modèles ont suivi un chemin moins rectiligne. Gemini 3.5 Pro, que Pichai avait annoncé pour juin, ne sortira pas, a rapporté Reuters, et Google a réorganisé DeepMind, dont le directeur général Demis Hassabis s’est mis en retrait. Le 30 septembre, Google a annoncé à la place Gemini 4 Argon, un modèle plus grand destiné à la programmation, au travail intellectuel et à la cyberdéfense. Il a d’abord été réservé à des partenaires de sécurité de confiance du Fairwind Program de Google. Depuis aujourd’hui, « les abonnés Google AI Pro et Ultra peuvent accéder à Gemini 4 Argon » dans l’application.

Autour des modèles, l’application continue de s’étoffer. Elle se connecte désormais à des outils comme Airtable, Linear, monday.com, Adobe et Webflow, et en septembre, Google a publié Gemini 3.8 Flash, qui offre selon lui son meilleur raisonnement et ses meilleures capacités de programmation à ce jour, avec la rapidité et le faible coût du Flash précédent.

Ce qui est vraiment bon

L’intégration est l’argument le plus fort. Une entreprise sur Google Workspace paie déjà une grande partie de Gemini. En Suisse, la formule Standard coûte CHF 14 par utilisateur et par mois en facturation mensuelle et inclut Gemini dans Gmail, Docs, Sheets, Slides, Drive, Meet et Chat. Pour une entreprise qui travaille avec Google, aucun assistant n’est plus proche des documents et de la boîte de réception où se fait déjà le travail.

Le contexte est long. Google AI Pro offre une fenêtre de contexte d’un million de tokens, de quoi traiter un vaste ensemble de contrats ou une année de procès-verbaux en une seule requête. Argon porte la limite de sortie à un million de tokens, contre 64'000 auparavant, afin de pouvoir, selon les termes de Google, « réfléchir en profondeur et générer des centaines de milliers de tokens en une seule trajectoire ».

Et le prix est bas. Google AI Pro coûte CHF 17 par mois et comprend les modèles Pro, la génération de vidéos, Deep Research, la génération d’images avec Nano Banana, des crédits pour Flow, l’outil de cinéma de Google, et 5 téraoctets de stockage. Pour Argon, les développeurs paient un tarif de lancement de 2 dollars par million de tokens en entrée et de 10 dollars par million de tokens en sortie, qui passera à 4 et 20 dollars à la fin de cette période.

Ce qui ne l’est pas

Certaines des fonctions les plus récentes n’arrivent pas en Suisse. Gemini dans Chrome, avec des fonctions comme la navigation automatique, exige une région prise en charge. Le 13 octobre, la liste de Google elle-même comprenait les États-Unis et le Royaume-Uni, mais ni la Suisse ni aucun État membre de l’Union européenne.

Les produits changent souvent. Le 17 novembre, Google transforme les Gems, ces assistants personnalisés que beaucoup ont construits, en un nouveau format appelé skills. La migration est automatique, mais TechCrunch a relevé que les skills s’appellent par une commande commençant par une barre oblique, « une interface que les ingénieurs, et non le commun des mortels, ont tendance à préférer », et que Google a de longue date l’habitude de renommer et de réorganiser ses fonctions.

Le modèle phare n’est pas non plus en tête partout. Le propre tableau de benchmarks de Google montrait Argon en retrait sur deux des quatre tests de programmation qu’il avait choisi de publier, a rapporté Reuters, et Google n’a pas dit quand Argon sera accessible à tous au-delà de ses abonnés payants.

La confidentialité demande de la prudence sur les comptes personnels. Google indique qu’une partie des conversations dans les applications Gemini est lue par des évaluateurs humains, que les conversations examinées sont conservées jusqu’à trois ans, et demande : « Veuillez ne pas saisir d’informations confidentielles que vous ne voudriez pas qu’un évaluateur voie. » Les comptes professionnels et scolaires peuvent relever d’autres conditions, une raison de plus de garder le travail de l’entreprise dans Workspace.

Dépendance et coûts

Pour une entreprise déjà sur Google, Gemini est à notre avis l’assistant sérieux le moins cher. Les formules personnelles vont de la gratuité à CHF 17 pour Pro, puis CHF 100 ou CHF 170 pour Ultra, avec cinq ou vingt fois l’utilisation de Pro. Workspace coûte de CHF 7 à CHF 22 par utilisateur et par mois, avec les modèles les plus puissants à partir de Standard.

La dépendance est le revers de la même médaille. Gemini donne le meilleur de lui-même quand vos e-mails, vos fichiers et votre agenda sont chez Google, et il est le moins utile quand ils n’y sont pas. Les Gems, les notebooks et les habitudes prises dans l’application restent dans l’univers de Google.

Notre verdict

Pour une entreprise qui fonctionne sur Google Workspace, Gemini est le premier assistant qui s’impose : proche du travail, généreux en contexte et bon marché. Les équipes suisses doivent savoir que certaines fonctions d’agent ne sont pas encore disponibles ici, et que l’offre de modèles et de fonctions continuera d’évoluer.

Quel que soit l’assistant que vous choisissez, gardez les connaissances, les règles et les compétences de votre entreprise dans un lieu qui vous appartient. Twin, le cerveau IA que nous construisons pour les entreprises, se connecte à Google Workspace et à vos autres systèmes, et il est livré sous forme de code source qui vous suit si vous changez d’assistant.